Le prix des pâtes à la hausse
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Le prix des pâtes à la hausse

Dans le monde entier, les mauvaises conditions météorologiques ont été préjudiciables aux récoltes de blé dur. Conséquence, des prix en nette hausse pour des produits comme les pâtes, le couscous et le boulghour.

vendredi 17 décembre 2021

Les piètres récoltes de blé font grimper les prix des pâtes alimentaires. Selon le «Tages-Anzeiger», la rareté du blé se traduit par une hausse allant jusqu’à 30% sur certains produits. Chez Coop, le kilo de pâtes fusilli coûte désormais 1 francs 20 au lieu de 90 centimes. Même constat pour les penne rigate de Barilla: pour un paquet de 500 grammes, il faut débourser 2 francs 50 au lieu de 2 francs 20. Dans le même temps, les prix d’autres matières premières augmentent également. Comme de nombreux producteurs délaissent l’huile de palme au profit de l’huile de colza, l’offre n’arrive plus à suivre la demande. Cela aussi se traduit par une hausse des prix et de probables conséquences sur un grand nombre de produits à base d’huile de colza.


Une tendance qui se dessinait

Les hausses de prix se devinaient dès l’automne. Les vagues de chaleur en Amérique du Nord et les pluies incessantes en Europe centrale et orientale ont eu raison des récoltes de blé dur. Le quotidien «20 Minutes» s’en était fait l’écho. Une pénurie est apparue sur le marché mondial, à l’origine de la hausse actuelle des prix des produits à base de blé dur. Cette année, la tonne de blé dur coûte deux fois plus cher que l’année dernière. Comme la majorité du blé dur transformé en Suisse est importé d’Amérique du Nord, les consommatrices et les consommateurs en Suisse doivent payer plus cher non seulement les pâtes, mais aussi le couscous ou le boulghour.


La qualité du blé panifiable a diminué

Selon l’interprofession Swiss Granum, les quantités de céréales panifiables aussi sont en baisse en 2021. La qualité aussi. La mise en garde de Swiss Granum s’est confirmée. De son côté, la Fédération des meuniers suisses (FMS) annonce qu’il faudra prendre des mesures pour améliorer la qualité de la farine. En raison des conditions météorologiques et des récoltes parfois très tardives, on enregistre de nombreux cas de germination qui influent négativement sur la qualité.

Une année catastrophique pour les récoltes

L’année 2021 laissera des traces dans toutes les cultures ou presque, sous forme de récoltes entièrement ou partiellement détruites. En raison de fortes averses de grêle, les vignobles et les cultures fruitières ont particulièrement souffert. À cela s’ajoutent des champs détrempés et la forte pression des maladies cryptogamiques. L’oïdium et le mildiou se sont propagés facilement en raison de conditions d’humidité favorables. Pour protéger leurs pommes de terre contre le mildiou, les agriculteurs ont dû recourir à des produits phytosanitaires efficaces. Sans ces substances, les pertes de récolte auraient certainement été totales. Il y a 150 ans, la maladie fongique avait détruit des récoltes entières. La terrible famine qui avait suivi avait provoqué, en Irlande, la mort d’un million de personnes (sur 8 millions d’habitants) et un important exode. Il a quelques générations, lorsque les produits phytosanitaires efficaces n’existaient pas et qu’il n’était pas possible d’importer, l’été humide de 2021 aurait certainement aussi entraîné la famine. L’été même où deux initiatives populaires demandaient d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires ou de récompenser financièrement leur non-utilisation et, partant, le gaspillage alimentaire dans les champs. Une nouvelle étude d’Agroscope le confirme: jusqu’à 47% des récoltes peuvent être perdues lorsque l’on renonce à utiliser les produits phytosanitaires. D’où une hausse des importations là où il est possible d’importer. Lorsqu’aucun produit de substitution ne peut être acheté, des produits de seconde catégorie finissent dans les rayons, à moins que les étals restent vides. Pour les consommatrices et les consommateurs, la diminution de l’offre se traduit aussi par une hausse des prix.

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