Des avis
Hendrik Varnholt

« La durabilité, c’est plus que ça »

La guerre d’agression menée par Poutine a entraîné le monde dans une situation épouvantable. Nous voyons aujourd’hui des gens mourir en Ukraine et nous redoutons qu’une crise alimentaire mondiale ne tue bientôt des gens en Afrique, par exemple. Là où la situation n’est pas dangereuse pour la vie, elle reste dure: l’augmentation des prix entraîne la pauvreté des populations dans de nombreuses régions. Cette augmentation menace la paix sociale dans un premier temps et déstabilise ensuite d’autres régions du monde.

mardi 5 avril 2022

La guerre en Ukraine va donc changer ce que les fabricants, les distributeurs et les consommateurs entendent par durabilité. La situation dans laquelle Poutine a conduit le monde montre que la société occidentale a toujours occulté les dangers immédiats. Ceux qui, par leur politique énergétique, se sont placé dans une situation de dépendance existentielle vis-à-vis d’un autocrate agissant depuis longtemps sans scrupules, n’ont agi en faveur de la durabilité qu’à court terme. Il en va de même pour les questions d’alimentation: ceux qui demandent des mises en jachère en ces temps de guerre vivent manifestement dans une très petite bulle. L’Ukraine et la Russie ne fournissent plus en blé une partie importante du monde. Une agriculture efficace dans les pays fertiles comme l’Allemagne est désormais indispensable à la survie des habitants des régions où les cultures sont beaucoup moins abondantes.

Le souci d’assurer durablement de bonnes conditions de vie à l’humanité est essentiel. Ce que de nombreuses entreprises et consommateurs perçoivent aujourd’hui comme durable ne l’est pas forcément. Dans le secteur des biens de consommation notamment, la durabilité est souvent un terme à la mode pour la protection de l’environnement. La guerre en Ukraine révèle que préserver un monde digne d’être vécu implique également de comprendre la durabilité comme objectif social. La sincérité est de mise. Nous devons admettre que des solutions unilatérales et conçues uniquement pour les personnes à hauts revenus peuvent parfois donner bonne conscience au détriment des autres. Nous devons trouver des approches équilibrées – notamment parce que seules les entreprises économiquement performantes préservent des emplois de qualité, paient des impôts et développent des innovations pour un avenir digne d’être vécu. Tout ceci est nécessaire pour préserver la capacité à se défendre et le rayonnement du monde occidental – et donc la paix et la liberté. Sans paix ni prospérité, l’environnement et le climat sont eux aussi perdus. Seuls quelques autocrates se sont jusqu’à présent distingués en tant que défenseurs de l’environnement. Les usines de chars russes ne sont pas connues pour leurs efforts en faveur du climat.

Les consommateurs prennent aujourd’hui conscience que ce qui paraît durable ne l’est pas souvent. À une époque où les prix augmentent aux quatre coins du monde et où les emplois deviennent précaires, la dimension sociale de la durabilité connaît un regain d’intérêt: il s’agit de plus en plus de mettre à disposition des marchandises à des prix abordables et d’assurer un revenu décent aux personnes. Les entreprises de biens de consommation ont là l’opportunité de recourir moins à la durabilité comme terme à la mode et à fort impact publicitaire – et d’ancrer davantage une action responsable.

Les négociations sur les prix, qui reprennent souvent à zéro face à l’augmentation sans précédent des coûts, permettent de faire preuve d’une nouvelle clairvoyance. Il s’agit de défendre les intérêts des entreprises, des consommateurs, mais également des employés de l’industrie allemande des biens de consommation.

Les consommateurs prennent aujourd’hui conscience que ce qui ne paraît durable ne l’est pas souvent.

Hendrik Varnholt est chef de la rubrique Industrie du "Lebensmittel Zeitung". Cet article a été publié pour la première fois dans le journal "Lebensmittel Zeitung" du 18 mars 2022.

Plus de pesticides, plus d'OGM : comment vaincre la faim.

Markus Somm

Markus Somm

Journaliste, publiciste, éditeur et historien

« La crainte des plantes génétiquement modifiées est infondée »

Anke Fossgreen

Anke Fossgreen

Responsable de l'équipe du savoir Tamedia

« La politique n’a pas le droit de pousser les prix de l’alimentaire encore plus vers le haut »

Babette Sigg Frank

Babette Sigg Frank

Présidente du Schweizerisches Konsumentenforum

Saisir l'opportunité de la biotechnologie verte

Roman Mazzotta

Roman Mazzotta

Président national de Syngenta Suisse

« La durabilité, c’est plus que ça »

Hendrik Varnholt

Hendrik Varnholt

Responsable de la rubrique Industrie chez Lebensmittel Zeitung

« Un tiers de bio ne résout pas le problème »

Olaf Deininger

Olaf Deininger

Rédacteur en chef du développement des médias agricoles

« Les méthodes écologiques seules ne suffiront pas »

Saori Dubourg

Saori Dubourg

« Les méthodes écologiques seules ne suffiront pas »

« La plupart des craintes concernant les pesticides sont infondées »

Michelle Miller

Michelle Miller

Chroniqueuse pour Genetic Literacy Project et AGDaily

Contenu en anglais

L'agriculture a besoin de nouvelles technologies

Erik Fyrwald

Erik Fyrwald

Président-Directeur général de Syngenta Group

« Les pesticides chimiques modernes sont plus que jamais nécessaires »

Jon Parr

Jon Parr

Président de Syngenta Crop Protection

Contenu en anglais

« Qui a peur des méchants OGM ? »

Jürg Vollmer

Jürg Vollmer

Rédacteur en chef du magazine «die grüne»

Contenu en allemand

«Ce que nous apporte la sélection végétale»

Achim Walter

Achim Walter

Professeur de phytotechnie à l’EPFZ

«La place de la recherche et de l'industrie a besoin d'une impulsion»

Jan Lucht

Jan Lucht

Directeur de la biotechnologie chez Scienceindustries

Contenu en allemand

«L’agriculture joue un rôle de pilier»

Jan Grenz

Jan Grenz

Professeur de durabilité, Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires HAFL

«Mieux comprendre les mécanismes d'action de la nature»

Urs Niggli

Urs Niggli

Agronome et président d’Agroecology Science.

Contenu en allemand

«Le public occulte complètement l’aspect quantitatif»

Michael Siegrist

Michael Siegrist

Professeur de comportement des consommateurs, EPF Zurich

«Le bio est-il vraiment plus sain?»

Anna Bozzi

Anna Bozzi

Responsable du domaine Alimentation et secteur agricole chez scienceindustries

«La biotechnologie et la protection de l’environnement vont main dans la main»

Dr. Teresa Koller

Dr. Teresa Koller

Scientifique à l’Institut de biologie végétale et microbiologie de l’Université de Zurich.

«La génération Greta fera table rase des paradigmes.»

Bruno Studer

Bruno Studer

Professeur en sélection végétale moléculaire à l’EPFZ

«Surmonter le fossé ville-campagne avec une politique agricole constructive»

Jürg Vollmer

Jürg Vollmer

Rédacteur en chef du magazine «die grüne»

«Nous protégeons ce que nous exploitons»

Regina Ammann

Regina Ammann

Responsable du développement durable chez Syngenta Suisse

Articles similaires

Les produits phytosanitaires manquent - et bientôt les premières variétés de légumes aussi
Actualité

Les produits phytosanitaires manquent - et bientôt les premières variétés de légumes aussi

Les producteurs de légumes sont actuellement à la peine. La raison en est le manque de produits phytosanitaires. Il est de plus en plus difficile de mettre sur le marché des produits commercialisables. Certains agriculteurs ont même atteint leurs limites au point de devoir arrêter la production de certaines variétés de légumes.

Les ravageurs menacent de plus en plus les récoltes de fruits, de baies et de vin
Actualité

Les ravageurs menacent de plus en plus les récoltes de fruits, de baies et de vin

La culture des fruits, des baies et de la vigne est de plus en plus menacée par des ravageurs tels que le coléoptère du Japon, la mineuse tachetée et la mouche méditerranéenne des fruits. Les producteurs tirent la sonnette d'alarme - mais les produits phytosanitaires capables de venir à bout de ces ravageurs font défaut.

Un agriculteur bio demande édition du génome pour la culture fruitière
Actualité

Un agriculteur bio demande édition du génome pour la culture fruitière

Le nombre élevé de traitements phytosanitaires sollicite fortement les agriculteurs bio. L'un d'entre eux est le producteur de pommes Marco Messerli de Kirchdorf BE. Il a dû traiter 48 fois des variétés de pommes sensibles avec des produits phytosanitaires biologiques. Estimant que c’est trop, il demande désormais l'autorisation de nouvelles méthodes de culture. Les experts donnent raison à l'agriculteur.

Les produits régionaux sont plus demandés que jamais
Savoir

Les produits régionaux sont plus demandés que jamais

La demande en produits régionaux ne pourrait pas être plus grande. C'est ce que montre une nouvelle étude de la Hochschule für Wirtschaft in Zürich. Les consommateurs estiment même que les produits régionaux sont nettement plus durables que les produits bio ou premium.