Faits mondiaux sur l’alimentation et l’agriculture

Faits mondiaux sur l’alimentation et l’agriculture

Nous ne pourrons ménager nos ressources et garantir une alimentation saine et abordable à une population de plus en plus nombreuse qu’en misant sur les progrès techniques et les produits phytosanitaires.

vendredi 20 février 2026

L'essentiel en bref

  • La croissance démographique, le changement climatique et la pression exercée par les parasites posent d'énormes défis à l'agriculture mondiale.
  • Seules des technologies innovantes permettront de surmonter ces problèmes.
  • Cela implique aussi l’utilisation de produits phytosanitaires.

Croissance de la population mondiale

La population mondiale augmente. Selon l’ONU, environ 9,7 milliards de personnes vivront sur Terre d’ici 2050 – dont deux tiers dans les villes. Pour nourrir cette population, l’agriculture devra produire environ 50 % de denrées alimentaires en plus qu’en 2012, selon la FAO. Les produits devront être abordables et parvenir aux consommateurs en bonne qualité. 2,3 milliards de personnes souffrent d’insécurité alimentaire modérée ou grave. Jusqu’à 720 millions de personnes se couchent aujourd’hui le ventre vide. Dans ce contexte, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle tous les pays à garantir un approvisionnement suffisant en denrées alimentaires saines et abordables.


Le climat et les ravageurs menacent les rendements agricoles

Outre la croissance démographique, le changement climatique constitue le deuxième grand défi pour l’agriculture. Les événements météorologiques extrêmes augmentent. Les vagues de chaleur, les périodes de sécheresse et les inondations deviendront plus fréquentes. L’agriculture est à la fois victime des inondations et des sécheresses, et responsable de 22 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le changement climatique accroît également la pression des ravageurs et menace les rendements. Les invasions de criquets pèlerins, comme en 2020 en Afrique de l’Est et en Asie, en sont un exemple. Selon l’Unicef, en Afrique de l’Est seulement, cela a entraîné une pénurie alimentaire pour 25 millions de personnes.


Menace sur la sécurité des denrées alimentaires

Les denrées alimentaires contaminées représentent un danger majeur. Récemment, plusieurs lots d’aliments pour bébés ont dû être rappelés en raison de la toxine céréulide, produite par des bactéries du groupe Bacillus cereus. Chez les nouveau-nés, ces bactéries peuvent provoquer une méningite. Les maladies des plantes menacent également la sécurité alimentaire. L’OMS met en garde contre les mycotoxines, produites par des moisissures et hautement toxiques pour l’être humain. L’utilisation de fongicides permet de lutter efficacement contre ces résidus.


Des réserves d’eau douce qui s’amenuisent

L’agriculture utilise déjà 72 % de l’eau douce prélevée. Les Nations unies estiment que dans 30 ans, cinq milliards de personnes vivront dans des pays confrontés à une pénurie d’eau. Pour préserver les ressources, il faut améliorer l’efficacité hydrique des plantes et renforcer leur tolérance à la chaleur et à la sécheresse. L’industrie investit des milliards dans la sélection végétale et la protection des cultures.

Des surfaces limitées

Plus de 40 % des sols sont déjà dégradés. Les terres agricoles ne peuvent plus être étendues. La conversion de zones humides et de forêts libère d’énormes quantités de CO₂. Les denrées supplémentaires devront être produites sur les surfaces déjà exploitées. Urs Niggli résume : même avec une hausse continue des rendements, il faudrait exploiter 200 millions d’hectares de terres arables et 400 millions d’hectares de prairies supplémentaires d’ici 2050 – soit une surface équivalente à une fois et demie celle de l’Union européenne.

Accroissement de la productivité

Sans gains de productivité, 370 millions d’hectares supplémentaires seraient aujourd’hui exploités, soit 60 % de la forêt amazonienne. Depuis les années 1960, il a été possible de produire 80 % de nourriture en plus sur des surfaces presque constantes, permettant de nourrir huit milliards de personnes. Cela est dû aux progrès des sciences agronomiques et à une agriculture innovante.


Responsabilité mondiale

Face à ces défis, la Suisse ne peut pas se retirer de la production agricole. Une stratégie basée uniquement sur le bio et les importations poserait des questions écologiques et éthiques. La Suisse doit assumer sa responsabilité mondiale et maintenir un haut niveau d’autosuffisance, ce qui nécessite une hausse de productivité d’environ 30 %.


Agriculture efficiente en ressources

Une augmentation supplémentaire de la productivité est possible grâce à toutes les technologies disponibles. La Suisse dispose d’excellentes bases en recherche. Les nouvelles technologies comme la numérisation et l’édition génétique CRISPR/Cas offrent d’énormes opportunités. Une méta-analyse mondiale montre que les OGM permettent en moyenne une hausse des rendements de 22 % et une réduction des pesticides de 37 %. Une agriculture durable vise à augmenter les rendements avec moins de ressources et un impact environnemental minimal.

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