Interdictions de vente à cause des PFAS : devons-nous nous inquiéter ?
Suite aux interdictions spectaculaires de vente de poisson et de viande en raison de contaminations aux PFAS, les consommatrices et consommateurs se posent la question : Ces substances sont-elles vraiment dangereuses – et que peut-on encore mettre dans son panier sans inquiétude ?
Publié: 22.12.2025, 20:18 | Mis à jour: 22.12.2025, 21:18
Les nouvelles étaient spectaculaires : à la mi-novembre, le canton de Zoug a ordonné l'arrêt immédiat de la vente de perches et de brochets issus du lac de Zoug. Pour la pêche locale, et surtout pour la gastronomie établie sur les rives du lac — qui proposait volontiers ses filets de perche panés (« Egli-Chnusperli ») — ce fut un coup dur. Auparavant, le gouvernement de Saint-Gall avait déjà interdit la vente de viande contenant des taux trop élevés de PFAS. Beaucoup de consommatrices et consommateurs se demandaient alors : que peut-on encore manger ?
Une étude de l’Association des chimistes cantonaux de Suisse (VKCS) apporte un apaisement important, comme le rapporte le Tages-Anzeiger : « Lors d’un examen de 900 denrées alimentaires vendues en Suisse, seulement 0,8 % des échantillons ont été contestés pour dépassement des valeurs maximales légales de PFAS. »
L’étude portait principalement sur des aliments d’origine animale : 401 échantillons de viande, 282 d’œufs et 206 de poisson. Parmi ceux-ci, cinq échantillons de bœuf ainsi qu’un échantillon d’œuf et un de poisson présentaient des teneurs élevées en PFAS. Sur 276 produits laitiers testés, seuls deux échantillons de lait et un yaourt ont été signalés.
Ces chiffres montrent que les critiques des pêcheurs à l’encontre de l’interdiction imposée par le canton de Zoug ne sont pas infondées. Et que le cas du lac de Zoug ne saurait être généralisé à toute la Suisse. L’étude de la VKCS est en effet représentative : les échantillons ont été prélevés dans le commerce de détail à travers toute la Suisse, selon une pondération liée à la population de chaque région.
Comme l’explique la présidente de la VKCS, Alda Breitenmoser : « Les consommatrices et consommateurs n’ont pas à craindre, en faisant leurs courses en Suisse, de mettre dans leur panier des produits trop chargés en PFAS. »
Reste à déterminer si les produits concernés proviennent de Suisse ou de l’étranger. Environ 70 % des denrées analysées étaient originaires de Suisse et du Liechtenstein ; le reste provenait de l'importation. Une chose est certaine : un débat d’ampleur est en cours en Suisse sur la manière de gérer les PFAS. Comme souvent dans ce type de dossiers, la réglementation de substances difficilement substituables dans de nombreux domaines doit se baser sur une évaluation des risques. Une interdiction générale serait une erreur, comme l’explique Dominique Werner, expert en chimie chez scienceindustries. Le Conseil fédéral partage cette position : le 19 décembre 2025, il a décidé de lancer un plan d’action sur les PFAS, qui vise avant tout à regrouper les mesures existantes, améliorer la coordination avec toutes les parties concernées et renforcer l'information.
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