Récolte de pommes de terre à un niveau historiquement bas : Pourquoi le Conseil fédéral reste-t-il immobile ?

Récolte de pommes de terre à un niveau historiquement bas : Pourquoi le Conseil fédéral reste-t-il immobile ?

La sécheresse et la canicule de l'été 2026 ont causé la plus faible récolte de pommes de terre en Suisse depuis le début des relevés il y a cent ans. Pour garantir la sécurité d'approvisionnement et renforcer la résilience des cultures, la filière demande un accès rapide aux nouvelles techniques de sélection végétale, à l'instar de l'Union européenne. Cependant, le Conseil fédéral reporte son projet de loi à 2027.

Publié: 15.09.2026, 11:03

Le fait d'informer sur les conséquences de l'été 2026 pour la culture des pommes de terre au début du mois de septembre dans l'église Wasserkirche de Zurich ne manque pas d'ironie. C'est précisément le manque d'eau qui a fortement éprouvé cette culture durant cet été caniculaire. De plus, il y a plus d'un siècle, pendant la Première Guerre mondiale, cette église servait d'entrepôt de pommes de terre. Le tubercule et cette église font donc bon ménage.

Importations et baisse de rendement : Quels sont les impacts de la récolte 2026 ?

La dégradation du bilan de la récolte 2026 pose de réels défis. Les agriculteurs ont enregistré des rendements inférieurs d'environ 20 % par hectare par rapport aux estimations du printemps. Il faut remonter à 1965 pour trouver un niveau aussi bas. Selon la NZZ, en chiffres absolus, jamais aussi peu de pommes de terre n'ont été récoltées depuis le début des mesures il y a cent ans. La sécheresse a tellement affecté les cultures que, selon l'association professionnelle Swisspatat, environ 130 000 tonnes doivent être importées de l'étranger. Le taux d'auto-approvisionnement a chuté, passant des 85 % habituels à un peu plus de 70 %. Christian Bucher, directeur de Swisspatat, s'est néanmoins montré confiant quant à la garantie de l'approvisionnement lors d'une intervention auprès de la SRF. Sur le plan visuel, la mauvaise récolte se traduit par la taille des tubercules : les pommes de terre étant plus petites que d'ordinaire, les frites et les chips pourraient être plus courtes cette année. La qualité de la récolte reste toutefois très bonne.

Résilience des cultures : Pourquoi la sélection de variétés résistantes devient-elle urgente ?

Face au changement climatique, la Suisse doit disposer plus rapidement de variétés capables de s'adapter aux conditions environnementales. L'été 2026 a démontré que les cultures irriguées ont fourni des rendements environ deux fois plus élevés que les cultures non irriguées. L'eau devient donc un facteur de production essentiel, mais se raréfie.

Il devient donc capital de sélectionner des variétés résilientes, capables de mieux résister à la sécheresse et à la chaleur. En 2024, la filière a signé un accord d'objectifs avec la Confédération : la proportion de variétés résilientes doit passer de 20 % actuellement à 80 % d'ici 2040.

Procédures législatives : Pourquoi le Conseil fédéral reporte-t-il les nouvelles méthodes de sélection ?

La sélection traditionnelle de variétés robustes nécessite jusqu'à 15 ans, un délai jugé trop long par les professionnels. L'association professionnelle Swisspatat préconise ainsi d'autoriser en Suisse la culture de variétés obtenues par de nouvelles méthodes de sélection, actuellement interdites.

En 2024, le Parlement a chargé le Conseil fédéral d'élaborer un projet de loi en ce sens. Cependant, la proposition a été reportée à 2027 (Projet parlementaire 20263751). Pendant ce temps, l'Union européenne progresse en légalisant progressivement la culture et la vente de plantes génétiquement éditées. Christian Bucher soulève ce point dans la NZZ : pour garantir la sécurité d'approvisionnement en pommes de terre suisses, le pays doit maintenir le rythme fixé par l'UE concernant les nouvelles technologies de sélection.

Nouvelles technologies de sélection : Quelles conséquences pour les importations suisses ?

Cette année, la Suisse doit importer un quart de ses besoins en pommes de terre, principalement depuis l'Union européenne. Si les pays voisins récoltent des pommes de terre génétiquement éditées plus robustes et indifférenciables des variétés issues de méthodes conventionnelles, il deviendra complexe pour les importateurs suisses de les exclure, d'autant plus qu'aucune obligation d'étiquetage spécifique n'est prévue dans l'UE pour ces produits.

Pour augmenter le taux d'auto-approvisionnement ou maintenir la possibilité d'importer depuis l'UE, l'autorisation des nouvelles méthodes de sélection en Suisse apparaît indispensable. Les instituts de recherche nationaux, tels qu'Agroscope, travaillent sur l'amélioration des cultures au moyen de ces méthodes sous de strictes conditions réglementaires, dans l'attente d'une évolution du cadre légal suisse.

À propos de swiss-food.ch

swiss-food.ch est une plateforme d'information du secteur de la recherche agroalimentaire et des technologies agricoles. Elle regroupe des contenus factuels sur l'alimentation, l'agriculture, la protection des cultures et la biotechnologie. Les articles font l'objet d'un travail rédactionnel et les sources utilisées sont liées dans le texte. La plateforme est soutenue par Syngenta et Bayer.

Mots-clés Récolte de pommes de terre · Sécheresse 2026 · Taux d'auto-approvisionnement · Swisspatat · Variétés résilientes · Nouvelles techniques de sélection · Édition génomique · Conseil fédéral

Veuillez noter :

Notre équipe éditoriale n'est pas de langue maternelle française. Bien que nous accordons une grande importance à une communication claire et sans faille, parfois nous devons privilégier la rapidité à la perfection. Pour cette raison, ce texte a été traduit à la machine.

Nous nous excusons pour toute erreur de style ou d'orthographe.

Articles similaires

SRF Einstein sur la crise de la pomme de terre – plus école Steiner qu'Einstein
Actualité

SRF Einstein sur la crise de la pomme de terre – plus école Steiner qu'Einstein

La chaîne de télévision suisse alémanique SRF a récemment diffusé un reportage sur la crise de la pomme de terre, qui était d'ailleurs étonnamment partial. D'une part, le reportage n'a mentionné que le changement climatique comme cause de la situation précaire, d'autre part, la seule solution évoquée a été de cultiver des variétés robustes issues de la sélection conventionnelle. Les technologies modernes de sélection ou la protection des plantes ont été passées sous silence.

« La protection des cultures n'est plus garantie »
Savoir

« La protection des cultures n'est plus garantie »

L'agriculture suisse est confrontée à une impasse en matière de protection des cultures. Lors du Swiss-Food Talk du 1er juillet 2025, trois représentants du secteur agricole ont expliqué comment les interdictions, le manque d'alternatives et la longueur des procédures d'autorisation mettent leurs cultures à rude épreuve.

Vers un avenir génétiquement modifié – bientôt en Suisse aussi ?
Actualité

Vers un avenir génétiquement modifié – bientôt en Suisse aussi ?

L'édition génomique est considérée comme un espoir pour une agriculture plus durable et plus résistante au changement climatique. Mais la Suisse hésite à l'autoriser. Une initiative populaire demande même son interdiction. Mais que peut vraiment apporter CRISPR ?

Légionelles, scarabées japonais et turbulences du marché : comment l'été chaud et sec de 2026 menace-t-il la Suisse ?
Actualité

Légionelles, scarabées japonais et turbulences du marché : comment l'été chaud et sec de 2026 menace-t-il la Suisse ?

La chaleur et la sécheresse ne sont plus simplement désagréables – elles deviennent une menace à de multiples niveaux : dans les systèmes de refroidissement, les étables, les champs et désormais dans les portefeuilles. L'été 2026 en est une illustration frappante.

Envahisseurs indésirables : pourquoi les pesticides sont indispensables contre les espèces invasives
Actualité

Envahisseurs indésirables : pourquoi les pesticides sont indispensables contre les espèces invasives

Ils sont petits, voyageurs et extrêmement tenaces : les espèces invasives se répandent de plus en plus en Suisse. Qu’il s’agisse du scarabée japonais, du frelon asiatique ou de nouvelles espèces de fourmis récemment découvertes, ces invités indésirables menacent non seulement notre nature indigène, mais aussi l’agriculture et les zones habitées. Il est urgent de recourir aux pesticides – c’est-à-dire aux biocides et aux produits phytosanitaires – afin de lutter efficacement contre ces nuisibles.

Que peut faire la ciseaux génétiques CRISPR – et que ne peut-elle pas (encore) faire ?
Actualité

Que peut faire la ciseaux génétiques CRISPR – et que ne peut-elle pas (encore) faire ?

Depuis 2012, CRISPR/Cas permet de modifier le patrimoine génétique des plantes de manière précise, ciblée et relativement peu coûteuse. Aujourd'hui, les applications prêtes à l'emploi concernent principalement la résistance aux maladies, l'amélioration de la qualité (comme le goût et la valeur nutritionnelle) ainsi que l'accélération de la sélection. En revanche, les caractéristiques complexes comme la tolérance à la sécheresse restent difficiles à maîtriser, car de nombreux gènes y participent.

La tomate espagnole bon marché appartient au passé – place à l’innovation
Actualité

La tomate espagnole bon marché appartient au passé – place à l’innovation

Moins de produits phytosanitaires, une pression croissante des ravageurs et des distributeurs qui exigent des prix bas : la production maraîchère espagnole est confrontée à un dilemme qui concerne également la Suisse. La seule issue passe par l’innovation variétale et la numérisation.

Autres contributions dans Actualité