La Renaissance du Prix : Du Bio au Bon Marché

La Renaissance du Prix : Du Bio au Bon Marché

Ces dernières années, l'accent était mis sur les produits bio et haut de gamme dans les magasins. Pour les consommateurs, le critère écologique était primordial au moment de l'achat. Mais avec l'arrivée de l'inflation, la donne change : le prix reprend de l'importance, comme en témoignent les ventes croissantes des marques économiques. La durabilité, elle, n'est pas qu'une question écologique, elle a aussi une dimension sociale et économique.

Publié: 26.02.2023, 17:06

Selon le journal « NZZ am Sonntag », « Après le bio, l'heure est au bon marché ». Bien que la Suisse ait résisté plutôt bien à l'inflation jusqu'à présent, de nombreux produits, notamment alimentaires, voient leurs prix grimper. Par exemple, les prix des œufs ont flambé de 14 %, ceux du fromage de 6 % et le pain de 4 %. Et cela n'échappe pas aux consommateurs, qui se tournent de plus en plus vers les produits bon marché. Deux marques en particulier, « M-Budget » de Migros et « Prix Garantie » de Coop, enregistrent des hausses significatives de leurs ventes. Aldi et Lidl confirment également une tendance vers des produits plus abordables.


Virage vers le Prix Abordable

Ce changement de comportement est en quelque sorte un tournant. Durant des années, les grandes surfaces ont enrichi leur assortiment de produits bio et premium. Or avec l'inflation, le prix devient le principal souci des consommateurs, selon un sondage réalisé par l'application suisse « Bring ». Plus de 70 % des personnes interrogées disent être préoccupées par la hausse des prix, tandis que l’écologie ne reste une priorité que pour un tiers d’entre eux. Et les chiffres de vente des produits bio le confirment. Par exemple, bien que Bio Suisse ne publie ses données qu’en avril, on observe déjà à l’étranger, comme en Allemagne, un recul du marché bio.


Prix et Durabilité, le Dilemme

La faillite de la chaîne bio Müller est sans doute un signe de ce changement. Cela indique que même pour des produits écologiques, la capacité à payer à ses limites. En d'autres termes, un produit n'est véritablement durable que si son prix est accessible. À l'inverse, un produit qui serait plus écologique mais inabordable n'est pas vraiment durable. Ceux qui pensent que le bio peut être plus cher se trompent, comme nous l'avons mentionné dans notre dernière newsletter. Les prix peuvent aussi être le reflet de décisions politiques. « Actuellement, tout porte à croire qu'on va vers plus de régulation et d'éducation du consommateur, ce qui ne fera qu'augmenter les prix », note Babette Sigg, présidente du Forum des consommateurs suisses, dans le « NZZ ».

Durabilité : Une Vision Globale

Un point souvent négligé dans le débat est que l'agriculture durable doit aussi être efficace. Elle doit faire bon usage des ressources disponibles comme la terre, l'eau, les engrais et le temps de travail. Car produire, c'est en soi intervenir dans la nature. Contrairement à une idée reçue, le bio n'est pas nécessairement meilleur pour le climat ou la biodiversité. Une étude anglaise conclut même que l'agriculture bio, en occupant plus de surface, peut avoir un impact négatif sur la biodiversité. Dans un contexte de croissance démographique mondiale, l'agriculture doit être à la fois efficace et respectueuse de l'environnement, pour que tout le monde puisse se nourrir et que les producteurs puissent vivre de leur travail. C'est aussi ça, prendre en compte la dimension sociale de la durabilité.

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