Ne pas étouffer la recherche et l’innovation

Ne pas étouffer la recherche et l’innovation

5G, vaccin contre le coronavirus, génie génétique: les résistances face aux nouvelles technologies semblent avoir le vent en poupe. Notre époque est-elle hostile à la technologie? Cette question, le journaliste Markus Somm et la Conseillère nationale écologique Regula Rytz ont tenté d’y répondre dans la «Sonntagszeitung» du 13 juin et dans l’émission «Sonntagszeitung Standpunkte».

Publié: 08.07.2021, 00:00 | Mis à jour: 12.06.2024, 07:12

Pour Regula Rytz, il n’en est rien. La Suisse ne peut pas être qualifiée de pays hostile à la recherche. Elle rappelle, fort justement, que la Suisse est première du classement mondial de l’innovation. Dans le numérique aussi, la Suisse est à la pointe. On l’a vu lors de la crise sanitaire, lorsque de nombreux citoyens ont passé au télétravail en un rien de temps. Qu’il s’agisse de l’appli Covid, du vaccin contre le coronavirus ou de la législation sur les blockchains: partout, la Suisse est sur le devant de la scène. La population doit mettre en balance les chances et les risques des nouvelles technologies. Pour les nouvelles technologies, le principe de précaution prévaut, comme le prévoit la Constitution fédérale. Cela supposer d’orienter les innovations sur une voie durable: «Au 21e siècle, n’est moderne que ce qui est durable», estime Mme Rytz.


La politique n’a pas à décider quelle technologie est «juste»

Markus Somm est d’un autre avis. Depuis les années 70, on observe une politisation du progrès technologique. Par le passé, le succès d’une nouvelle technologie était décidé par le marché, et il appartenait à la postérité de juger si la technologie avait contribué ou non au bien de l’humanité. Aujourd’hui, la politique s’arroge de plus en plus souvent le droit de décider à l’avance de l’utilité d’une technologie. Dès qu’une percée technologique s’annonce, la politique décide quels sont les risques acceptables et lesquels ne le sont pas. La recherche et l’innovation doivent cependant être des processus ouverts et ne pas chercher à aller dans le sens des souhaits des politiciens.

L’évaluation des choix technologiques, soit le processus politique qui consiste à évaluer une nouvelle technologie, est aujourd’hui un danger plus grand que l’innovation elle-même, s’inquiète M. Somm. La Suisse était autrefois la championne de la technologie. Aujourd’hui, un peu partout, elle perd du terrain à cause des prescriptions et des interdictions. Les réglementations empêchent les start-ups d’accéder au marché. Au lieu de s’en prendre aux grands groupes, on ferait mieux de reconnaître et d’apprécier le rôle important qu’ils jouent dans la recherche et le développement. Ce sont eux qui, finalement, encouragent l’innovation en investissant de l’argent dans de nombreux domaines.

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