Une chenille vorace en pleine progression

Une chenille vorace en pleine progression

Une fois de plus, un nouveau ravageur complique la vie des agriculteurs suisses. Le ver de la capsule du cotonnier, un papillon migrateur, a été observé en Suisse pour la première fois depuis 2025. Il ravage les cultures de haricots, de maïs et bien d’autres, avec des conséquences dévastatrices pour les récoltes.

Publié: 06.07.2025, 21:09 | Mis à jour: 04.08.2025, 10:41

Comme le rapporte la BauernZeitung, le ver de la capsule du cotonnier (Helicoverpa armigera) a été repéré en Suisse pour la première fois en 2025. «Dans les régions frontalières concernées, nous avons actuellement enregistré les premières captures de papillons adultes», explique Cornelia Sauer d’Agroscope. Ce papillon de nuit brun clair affectionne la chaleur et migre chaque été en Suisse depuis le sud, l’ouest et l’est.

Ce ravageur n’est pas inconnu: déjà en 2023, il avait causé d’énormes dégâts dans les cultures maraîchères. Des tonnes de haricots avaient dû être détruites car les larves avaient perforé les gousses. Et ces larves sont redoutables: elles s’attaquent non seulement aux feuilles, mais aussi aux gousses, aux fruits et aux épis. Le ver de la capsule du cotonnier se nourrit de plus de 200 espèces végétales, représentant ainsi une véritable menace pour de nombreuses cultures. Les conditions climatiques chaudes et les vents du sud favorisent son arrivée.

«En principe, toutes les cultures estivales susceptibles d’abriter le cycle complet de développement de ce ravageur sur un site donné sont exposées à un certain risque», précise Stève Breitenmoser d’Agroscope dans la BauernZeitung.


Lutte possible avec des insecticides

Depuis 2024, ce papillon est surveillé à l’échelle nationale par des pièges à phéromones et des contrôles de terrain. Cela porte ses fruits: «Grâce à cette surveillance, les cultures ont pu être protégées de manière préventive par des insecticides dès les premières apparitions de larves», explique Sauer. Cela a permis d’éviter par exemple le rejet de cargaisons de haricots grimpants infestés.

Mais le défi principal reste le manque de produits phytosanitaires efficaces. En Suisse, peu de substances actives contre ce ravageur sont autorisées. Des autorisations d’urgence sont donc nécessaires chaque année. Pour 2025, le produit à base de virus Helicovex a été autorisé pour les cultures de pois chiches et de maïs doux, tandis que Helicovex et Coragen ont été approuvés pour les haricots et les pois.


La protection des plantes, c’est la santé des cultures

Le ver de la capsule du cotonnier n’est qu’un des nombreux ravageurs menaçant l’agriculture suisse. David Brugger de l’Union suisse des paysans le résume ainsi: «Nous manquons de solutions contre le ver fil-de-fer, la drosophile du cerisier ou le ver de la capsule du cotonnier, qui peuvent ruiner des récoltes entières de cerises, de haricots ou de maïs doux. Mais les lacunes en matière d’herbicides posent également problème. Les mauvaises herbes problématiques se propagent de plus en plus. Même la Confédération commence à prendre conscience que cela ne peut pas continuer ainsi.»

La santé de nos plantes cultivées n’est pas une évidence. Bien au contraire: dans un monde globalisé, les ravageurs et maladies se propagent plus rapidement que jamais. La mondialisation et le changement climatique accélèrent encore ce phénomène. De nouveaux nuisibles, comme le scarabée japonais, la punaise diabolique marbrée (également appelée punaise puante chinoise) ou encore le ver de la capsule du cotonnier, menacent nos récoltes – et donc notre sécurité alimentaire.

Les nuisibles invasifs gagnent du terrain

Les ravageurs invasifs représentent une menace croissante pour l’agriculture suisse et la biodiversité. En raison du commerce mondial, du changement climatique et du tourisme, de plus en plus d’espèces exotiques arrivent en Suisse, causant de graves dommages aux cultures et aux plantes sauvages.

Parmi eux, le scarabée japonais, qui se répand rapidement et s’attaque à de nombreuses espèces végétales indigènes, ou encore le frelon asiatique, qui menace sérieusement les populations d’abeilles domestiques. D’autres nuisibles comme le cynips du châtaignier, la drosophile du cerisier ou le capricorne asiatique inquiètent de plus en plus les agriculteurs et les écologistes.

Protéger les plantes contre ces menaces reste l’un des plus grands défis de notre époque. Des produits phytosanitaires efficaces, des stratégies de lutte adaptées à la pratique et une surveillance rigoureuse sont essentiels pour freiner la propagation de ces ravageurs.

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