Valeurs limites, autorisations, responsabilité – comment les produits phytosanitaires sont réellement évalués

Valeurs limites, autorisations, responsabilité – comment les produits phytosanitaires sont réellement évalués

Les valeurs limites occupent souvent le premier plan dans le débat public – alors qu’en réalité, elles ne constituent qu’une petite partie d’un système d’évaluation des risques bien plus vaste. Le Dr Michael Beer, chef de la division Alimentation à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire, apporte des éclaircissements.

lundi 17 novembre 2025

Dans cet épisode, le Dr Michael Beer, chef de la division Alimentation à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), explique comment les produits phytosanitaires sont autorisés et contrôlés en Suisse.

Beer souligne qu’avant toute autorisation, une procédure d’examen complexe est menée. « Expliquer le processus en quelques phrases est presque aussi exigeant que de le mener lui-même », dit-il. Un dossier complet contenant des données toxicologiques, des preuves d’efficacité et des évaluations environnementales est transmis à différents services spécialisés : Agroscope évalue l’efficacité, l’OFEV les aspects environnementaux et le SECO la protection des travailleurs. Ce n’est qu’une fois toutes les évaluations disponibles que l’OSAV décide si un produit peut être autorisé et sous quelles conditions. L’objectif est de garantir une utilisation aussi sûre que possible pour l’être humain et l’environnement.

Beer précise également que la Suisse s’appuie régulièrement sur les connaissances et les procédures de l’UE afin d’éviter les doublons et d’intégrer l’état actuel des connaissances internationales.

Beer souligne en outre que l’agriculture n’est pas responsable de chaque gros titre lié aux dépassements de valeurs limites. Les exploitations respectent des prescriptions claires. La définition des valeurs limites applicables et leur fixation relèvent des autorités et de la science. Il explique le rôle que jouent les valeurs limites dans l’évaluation des risques : elles servent d’outil de contrôle. Pour l’autorisation d’un produit, ce qui est déterminant, ce sont son efficacité, la protection de la population et sa compatibilité avec l’environnement.

Aperçu de toute la série Agrarpolitik – le podcast avec swiss-food

Le podcast Agrarpolitik et swiss-food.ch examinent dans une série commune comment la Suisse gère les risques, les valeurs mesurées et la perception des produits chimiques – de manière factuelle, compréhensible et proche de la pratique.

Le point d’orgue de la série a été l’événement en direct au Bogen F à Zurich.

Épisodes :

Épisode 1 avec la Dre Angela Bearth (Écouter l’épisode, traduit acec IA)

Épisode 2 avec le Dr Lothar Aicher (Écouter l’épisode, traduit acec IA)

Épisode 3 avec le Dr Michael Beer (Écouter l’épisode, traduit avec IA)

Épisode 4 avec Christine Badertscher (Écouter l’épisode, traduit avec IA)

Selon Beer, la plus grande difficulté reste toutefois la communication. Beaucoup de personnes ne savent pas comment interpréter les valeurs limites. À cela s’ajoute le fait que les techniques analytiques modernes permettent aujourd’hui de détecter des traces infimes. Mais le simple fait qu’un résidu soit mesuré ne signifie pas qu’il existe un danger. Cela crée de l’incertitude – mais pas nécessairement un risque accru. Beer décrit en détail les défis liés à la communication des prescriptions et des valeurs limites et souligne l’importance d’explications transparentes et compréhensibles. Ce n’est qu’en comprenant pourquoi les valeurs limites existent, quelles conditions s’appliquent et pourquoi les procédures d’évaluation sont si complexes que la confiance peut se construire.

L’épisode montre à quel point les procédures sont approfondies – et qu’un débat factuel sur les valeurs limites n’est possible que si l’on comprend les processus qui les sous-tendent.

Des exemples du quotidien aident à mieux comprendre

Pour expliquer pourquoi les valeurs limites toxicologiques comportent de grandes marges de sécurité, une comparaison issue du quotidien est utile : sur l’autoroute, une distance de sécurité d’environ 60 mètres par rapport au véhicule précédent est prévue – une sorte de « valeur limite » visant à réduire les risques d’accident. Si l’on appliquait cependant la même logique de sécurité que pour les substances chimiques, cette distance devrait être multipliée par cent. Dans le trafic routier, cela correspondrait à près de six kilomètres entre deux voitures – une règle totalement impraticable dans la réalité.

Veuillez noter :

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