Envahisseurs indésirables : pourquoi les pesticides sont indispensables contre les espèces invasives
Ils sont petits, voyageurs et extrêmement tenaces : les espèces invasives se répandent de plus en plus en Suisse. Qu’il s’agisse du scarabée japonais, du frelon asiatique ou de nouvelles espèces de fourmis récemment découvertes, ces invités indésirables menacent non seulement notre nature indigène, mais aussi l’agriculture et les zones habitées. Il est urgent de recourir aux pesticides – c’est-à-dire aux biocides et aux produits phytosanitaires – afin de lutter efficacement contre ces nuisibles.
mardi 11 août 2026
La situation actuelle est un signal d’alarme : comme le montrent divers reportages, de nombreuses espèces invasives progressent en Suisse et représentent une menace croissante. Ainsi, des fourmis invasives du genre Tapinoma ont été découvertes dans plusieurs régions du pays. Elles forment de véritables supercolonies qui mettent sous pression non seulement les bâtiments, mais aussi les écosystèmes locaux. C’est notamment ce que rapporte « Zürioberland24 ». Parallèlement, les services spécialisés signalent une forte augmentation des nids de frelons asiatiques. L’insecte se propage rapidement. L’« Aargauer Zeitung » évoque même « quatre fois plus de nids » que l’année précédente.
Selon la « Bauern Zeitung », les frelons asiatiques construisent désormais leurs nids également dans les vergers de hautes tiges et les haies. Lorsqu’un nid est découvert, il ne doit en aucun cas être dérangé, explique Marianne Tschuy, de la Coordination cantonale du frelon asiatique du canton de Berne. La découverte doit être signalée via la plateforme www.frelonasiatique.ch. Entre-temps, plusieurs cantons signalent également la propagation et l'observation du frelon asiatique, comme c'est le cas par exemple dans le canton de Saint-Gall.
S'il existe désormais diverses start-up qui développent des pièges pour lutter contre le frelon asiatique, les spécialistes restent sceptiques : les modèles actuellement disponibles ne sont pas assez sélectifs. S'ils capturent de nombreux insectes, ils prennent en comparaison très peu de frelons asiatiques – et peuvent ainsi nuire aux espèces indigènes.
Moustique tigre asiatique : Un envahisseur agressif gagne du terrain
En raison du temps chaud et du changement climatique, le moustique tigre asiatique continue de se propager en Suisse et autour du lac de Constance. Comme le rapporte « Nau.ch », le moustique a récemment été détecté à Sissach (BL), où les spécialistes recherchent désormais des gîtes larvaires. La SWR signale également une augmentation des cas, notamment à Constance. Le moustique tigre est particulièrement agressif, pique aussi pendant la journée – contrairement aux moustiques indigènes – et peut transmettre des maladies tropicales telles que le virus de la dengue.
Ces insectes préfèrent pondre leurs œufs dans de petites accumulations d'eau, comme des récupérateurs d'eau de pluie ou des arrosoirs. La population peut certes contribuer en vidant l'eau stagnante, mais cela ne suffit pas à stopper efficacement les moustiques dans les villes et les villages : l'utilisation ciblée de produits antiparasitaires (biocides) reste indispensable.
Le scarabée japonais cause des dégâts de plusieurs millions de francs
Comme les années précédentes, le scarabée japonais continue de se propager. Ainsi, l'insecte mène la vie dure notamment aux vignerons de Spiez, selon la « Berner Zeitung ». D'après l'OFAG, les dégâts s'élèvent à plusieurs centaines de millions de francs par an. Afin de freiner davantage sa progression, une interdiction d'arrosage a même été décrétée dans les zones touchées. Plusieurs communes de l'Unterland zurichois sont entre autres concernées. À Opfikon, Dietlikon, Bassersdorf, Lufingen, Winkel, Oberglatt et Rümlang, l'arrosage des pelouses et des espaces verts est interdit pendant plusieurs mois. Les contrevenants s'exposent à une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 francs, d'après le « Tages-Anzeiger ». Quiconque pense s'en tirer à bon compte en cas d'infraction se trompe. Comme l'indique la Direction des travaux publics, des agents cantonaux sillonnent régulièrement les communes pour vérifier le respect de la réglementation.
Les produits phytosanitaires et les biocides sont indispensables
Comme les années précédentes, le scarabée japonais continue lui aussi de se répandre. Cet insecte complique notamment la vie des viticulteurs de Spiez, comme le rapporte la « Berner Zeitung ». Afin de freiner davantage sa propagation, une interdiction d’arrosage a même été instaurée dans les régions concernées.
Le fait que de telles espèces puissent s’implanter en Suisse est une conséquence directe de notre monde globalisé. Elles « voyagent » avec nous – que ce soit dans les bagages privés, les marchandises ou via le commerce international des plantes. Comme elles n’ont souvent pas de prédateurs naturels dans notre région, elles trouvent ici des conditions idéales pour se multiplier sans entrave.
Les conséquences pour la Suisse sont graves. Le frelon asiatique décime les populations de nos abeilles domestiques. Le scarabée japonais ravage prairies, jardins et cultures agricoles. Les fourmis invasives évinceraient les espèces indigènes et perturbent fortement l’équilibre écologique.
La lutte contre les espèces invasives est complexe et souvent laborieuse. Lorsqu’une population s’est installée durablement, les mécanismes naturels de régulation ne suffisent plus. C’est pourquoi les autorités comptent aussi sur la participation active de la population : les observations de frelons asiatiques doivent être signalées. L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) appelle également la population à la vigilance avec l’action www.stop-scarabee-japonais.ch : les voyageurs sont invités à contrôler soigneusement leurs véhicules et leurs bagages avant leur retour et à éliminer tout insecte trouvé. Grâce à de telles mesures, la population au Tessin a déjà pu être relativement bien maîtrisée.
Pour lutter efficacement contre le scarabée japonais ou le frelon asiatique, nous avons besoin de produits phytosanitaires modernes et de biocides. Les restrictions qui empêchent l’utilisation de ces moyens indispensables jouent en faveur des espèces invasives et risquent de nous faire perdre, à long terme, la bataille pour la préservation de notre biodiversité.
Surveiller et agir plutôt que rester passif
Les espèces invasives constituent un défi durable, encore aggravé par le changement climatique. Afin de protéger notre agriculture et notre nature indigène, il faut des solutions pragmatiques plutôt que des blocages idéologiques. Ce n’est qu’en utilisant de manière cohérente et professionnelle les produits phytosanitaires modernes et les moyens de lutte comme les biocides que nous pourrons freiner efficacement la propagation de ces nuisibles et préserver durablement notre biodiversité.
Les nuisibles invasifs gagnent du terrain
Les ravageurs invasifs représentent une menace croissante pour l'agriculture et la biodiversité suisses. En raison du commerce mondial, du changement climatique et des voyages, de plus en plus d'espèces étrangères arrivent en Suisse et causent des dégâts considérables aux plantes cultivées et sauvages.
Le cétoine du Japon, qui se propage rapidement et menace les plantes cultivées indigènes, le cynips du châtaignier, la mouche du vinaigre des cerises ou le capricorne asiatique en sont des exemples. Tous ces phénomènes inquiètent de plus en plus les agriculteurs et les défenseurs de la nature. La protection des plantes contre ces menaces reste l'un des plus grands défis de notre époque. Des produits phytosanitaires efficaces, des stratégies de lutte adaptées à la pratique et un suivi rigoureux sont essentiels pour endiguer la propagation de ces ravageurs.
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