La raison plutôt que l’idéologie : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) rejette une interdiction générale des organismes génétiquement modifiés – une victoire de la science
Stephanie Lahrtz est rédactrice scientifique à la NZZ et écrit sur des sujets scientifiques tels que la biologie moderne, l’écologie et la médecine. Elle se félicite que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’oppose à une interdiction générale de la libération d’organismes génétiquement modifiés.
lundi 20 octobre 2025
Plus grande organisation de protection de la nature au monde, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’est prononcée contre une interdiction générale de la libération d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Cette décision, adoptée mercredi lors de l’assemblée annuelle à Abou Dhabi par les représentants des ministères et des organisations non gouvernementales membres, constitue une bonne nouvelle : les arguments scientifiques ont triomphé de l’idéologie anti-OGM.
Les conséquences d’une interdiction
Certes, une demande d’interdiction de la part de l’UICN n’aurait pas eu d’effet juridique immédiat sur la recherche ou sur les essais de dissémination d’OGM dans le monde, puisque l’organisation ne légifère pas. Mais son influence est considérable.
De nombreuses recommandations de l’UICN sont reprises dans les législations nationales ou servent de base aux stratégies de projets environnementaux. Ses groupes d’experts établissent, par exemple, les fameuses Listes rouges des espèces animales et végétales menacées, qui guident les États dans la création de réserves naturelles et l’adoption de mesures de protection.
Un appel général à interdire la libération d’OGM aurait donc eu une portée symbolique majeure. Il aurait fourni de nouveaux arguments aux organisations écologistes qui combattent depuis des années les animaux et plantes transgéniques. Et il est probable que de nombreux pays s’en seraient réclamés pour évaluer leurs propres projets de libération.
Si des interdictions totales de dissémination d’OGM étaient instaurées, elles bloqueraient des innovations cruciales en matière de conservation. Des chercheurs travaillent, par exemple, sur des grenouilles génétiquement modifiées résistantes à un champignon mortel qui a déjà décimé des millions d’amphibiens dans le monde. D’autres tentent d’élever des rats stériles : sur de nombreuses îles, les rats introduits par l’homme ont ravagé les populations d’oiseaux endémiques, menaçant plusieurs espèces d’extinction. Et la liste de tels projets est encore longue.
Il est clair que le succès de ces approches génétiques n’est pas garanti. Mais les chercheurs doivent pouvoir les tester, dans le cadre de protocoles de sécurité stricts – surtout lorsqu’il n’existe pas d’alternatives ou que les stratégies précédentes ont échoué.
L’UICN choisit la science plutôt que la peur des OGM
L’interdiction avait été réclamée par de nombreuses organisations environnementales ainsi que par des représentants de peuples autochtones. Tous partagent une même crainte : que la libération d’organismes génétiquement modifiés entraîne des conséquences imprévisibles. Ils affirment que les OGM ne sont pas suffisamment testés.
Mais il semble que certains opposants aux OGM refusent toute recherche ou tout essai. Peut-être redoutent-ils de perdre leur image – et les dons qui l’accompagnent – si des expériences démontraient que certains OGM sont utiles et inoffensifs, et que cette technologie tant diabolisée n’est pas aussi dangereuse qu’on le prétend. Les communautés autochtones, quant à elles, craignent de perdre le contrôle de leur environnement au profit de grandes entreprises ou de groupes de recherche étrangers.
Beaucoup de ces inquiétudes sont légitimes. Toutefois, les partisans d’expériences en plein air avec des OGM ne réclament pas un laissez-faire total. Personne ne souhaite que n’importe qui relâche ses rats transgéniques sur l’île voisine. Dans de nombreux pays, des procédures d’évaluation et d’autorisation très strictes sont déjà prévues par la loi pour toute dissémination d’animaux ou de plantes modifiés génétiquement.
Ces règles empêchent les libérations irréfléchies et irresponsables. C’est pourquoi l’assemblée générale de l’UICN a opté pour une stratégie équilibrée – fondée sur la raison scientifique plutôt que sur la peur.
Stephanie Lahrtz est rédactrice scientifique à la NZZ et écrit sur des sujets tels que la biologie moderne, l’écologie et la médecine. Cet article a été publié pour la première fois dans la Neue Zürcher Zeitung le 18 octobre 2025.
Veuillez noter :
Notre équipe éditoriale n'est pas de langue maternelle française. Bien que nous accordons une grande importance à une communication claire et sans faille, parfois nous devons privilégier la rapidité à la perfection. Pour cette raison, ce texte a été traduit à la machine.
Nous nous excusons pour toute erreur de style ou d'orthographe.
Articles similaires
Pesticides dans les smoothies verts
Après les innombrables recettes de biscuits de Noël, de rôtis de fête et de cocktails, viennent maintenant les conseils pour maigrir, se détoxifier et s’embellir. La plupart relèvent du pur non-sens.
Toxines naturelles : un risque sous-estimé dans notre alimentation
Des aliments sûrs ne vont pas de soi. Alors que les substances chimiques sont souvent au centre des critiques, la réalité montre que les principaux risques pour notre sécurité alimentaire sont d’origine naturelle. Les récents rappels de produits destinés à l’alimentation infantile illustrent à quel point les toxines bactériennes ou les moisissures peuvent être insidieuses.
Avec le thé, malade plutôt que mince
Les produits phytosanitaires font souvent l’objet de critiques publiques. On oublie cependant que les substances naturelles présentes dans les tisanes et les compléments alimentaires peuvent également avoir des effets sur la santé.
Pourquoi une réglementation stricte des biotechnologies freine l’innovation
Les nouvelles méthodes de sélection telles que CRISPR-Cas sont considérées comme essentielles pour développer des plantes plus résistantes, stabiliser les rendements et réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Le professeur de l’ETH Bruno Studer met en garde : une sur-réglementation de ces technologies renforce précisément les grands groupes agroalimentaires que l’on cherche à limiter, tout en excluant du marché les petits sélectionneurs et les start-up.