Le Brexit a offert aux agriculteurs britanniques davantage de moyens de s'adapter au changement climatique
Les réglementations de l'UE pourraient restreindre notre capacité d'accéder aux technologies adéquates pour faire face aux conditions météorologiques extrêmes.
Publié: 30.08.2026, 19:03
La récolte a été catastrophique pour les agriculteurs britanniques comme pour leurs homologues européens – et pour beaucoup, c'est une situation qu'ils ne peuvent pas se permettre de revivre. Comme si l'on pouvait encore en douter, le changement climatique est réel, palpable et s'inscrit dans la durée. Nous avons besoin d'action sous forme d'innovation et de technologie, et nous en avons besoin dès maintenant. Les vagues de chaleur ininterrompues qui frappent le Royaume-Uni ont décimé la récolte de cette année. Des recherches menées par l'Energy and Climate Intelligence Unit estiment les pertes liées à la chaleur et à la sécheresse pour l'agriculture britannique à près de 400 millions de livres sterling. Cette tendance se confirme dans toute l'Europe. La dure réalité est que les agriculteurs ont perdu environ 2 milliards d'euros (1,7 milliard de livres sterling) de revenus au cours de la seule vague de chaleur de juin, neuf millions de tonnes de cultures ayant été détruites. En effet, alors que la sécheresse s'aggrave, les agriculteurs du Royaume-Uni et des États membres de l'UE s'attendent désormais à enregistrer leur plus faible récolte depuis 2018.
Le stockage de l'eau et son utilisation efficiente seront essentiels pour renforcer la résilience face aux chaleurs extrêmes. Les agriculteurs doivent être encouragés à tirer le meilleur parti de chaque goutte d'eau, en utilisant les technologies et techniques les plus récentes. C'est pourquoi je salue l'annonce faite vendredi dernier par le gouvernement, qui prévoit de nouvelles mesures d'aide aux agriculteurs anglais face à la sécheresse, notamment des financements supplémentaires pour la construction de réservoirs sur les exploitations et l'amélioration du cadre politique et d'aménagement.
Toutefois, il reste encore beaucoup à faire. La science et la technologie doivent jouer leur rôle, et un cadre réglementaire favorable sera indispensable pour y parvenir. Par conséquent, des leçons doivent être tirées ici, au Royaume-Uni. Le gouvernement doit veiller à ne pas brader d'importants acquis lors des prochaines négociations de « réinitialisation » avec l'UE. Après le Brexit, les agriculteurs britanniques ont accès à certaines technologies et produits qui restent non autorisés dans l'UE. Si nous adoptons simplement toutes les réglementations de l'UE telles qu'elles sont proposées, cet accès sera perdu.
Le Royaume-Uni devrait éviter l'erreur commise par l'Europe, qui consiste à traiter la durabilité et la productivité agricole comme des objectifs contradictoires. Elles doivent avancer de pair. L'agriculture la plus durable n'est pas nécessairement celle qui utilise le moins de technologies. C'est celle qui produit la nourriture dont les populations ont besoin tout en ayant l'impact le plus faible sur les sols, l'eau et le milieu naturel.
La véritable question est donc de savoir si le Royaume-Uni peut se doter d'un cadre réglementaire conciliant ses ambitions environnementales avec la réalité : une agriculture durable nécessitera davantage d'innovation, et non moins. Cette question reste pleinement ouverte. L'innovation est le seul moyen de continuer à nourrir une population croissante dans un monde qui se réchauffe.
Du côté de la communauté scientifique, ma propre entreprise, Syngenta – parmi beaucoup d'autres – développe déjà des produits biologiques agricoles, notamment des biostimulants et des produits d'efficience d'utilisation des nutriments, qui peuvent renforcer la résilience globale des plantes au stress tout en stimulant leur croissance. Ces produits améliorent également la tolérance globale des cultures aux conditions météorologiques extrêmes, y compris la sécheresse et les fortes pluies.
Dans d'autres domaines, la lenteur coloniale des processus réglementaires au sein de l'UE reste un frein majeur à l'investissement. Nous disposons de sites de test de résistance à la chaleur à travers le monde où nous cultivons toutes sortes de cultures essentielles afin d'identifier les plus résilientes aux fortes chaleurs. Une grande partie de ce travail est actuellement concentrée en dehors de l'UE.
Les produits de protection des cultures et une meilleure génétique peuvent également contribuer à renforcer la résilience des plantes en situation de sécheresse. Par exemple, des études ont montré que les cultures traitées avec certains fongicides perdaient moins d'eau en période de sécheresse et maintenaient une bonne activité photosynthétique par rapport à celles laissées sans traitement. Moins déshydratées, les cultures traitées ont mieux résisté au stress de la chaleur et de la sécheresse, en poussant de manière plus saine et plus vigoureuse. Là encore, certains de ces produits restent interdits dans l'UE, mais les exploitants britanniques y ont actuellement accès.
Je ne vais pas embellir la réalité : lutter contre les effets du changement climatique est l'un des plus grands défis auxquels l'humanité soit confrontée. Permettre aux agriculteurs du monde entier d'accéder au potentiel de l'innovation et de la technologie – étayé par de nouvelles solutions numériques et d'intelligence artificielle offrant une planification beaucoup plus rigoureuse – sera primordial pour la sécurité alimentaire.
Aujourd'hui plus que jamais, nous devons unir nos forces vers un objectif commun : une production alimentaire durable dans un monde en mutation rapide. Nous sommes prêts – aux côtés des agriculteurs, des gouvernements, des régulateurs et d'autres acteurs – à jouer notre rôle.
Jonathan Brown est directeur Europe chez l'entreprise de technologies agricoles Syngenta. Cet article a été publié pour la première fois le 20 août 2026 dans The Telegraph.
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