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Simon Maechling

Lorsqu’il s’agit de substances chimiques en médecine et en agriculture, le « naturel » est souvent moins sûr que le synthétique

Lorsqu’il s’agit de substances chimiques en médecine et en agriculture, le « naturel » est souvent perçu comme plus sûr. Mais est-ce vraiment le cas ? C’est la question qu’examine le chimiste et communicateur scientifique Simon Maechling dans son article.

vendredi 20 mars 2026

Regardez autour de vous : votre smartphone, votre réfrigérateur, votre voiture, le bâtiment dans lequel vous vous trouvez — aucun de ces éléments n’existe dans la nature. Pourtant, nous vivons mieux grâce à eux. Malgré les affirmations selon lesquelles le « naturel » serait toujours préférable, la réalité est que nous avons construit notre monde moderne en améliorant la nature. Et heureusement.


Le sophisme de l’appel à la nature

La croyance selon laquelle ce qui est « naturel » est meilleur que ce qui ne l’est pas est répandue, mais elle est tout simplement fausse. Les gens ont tendance à idéaliser la nature, pensant que parce qu’une chose est naturelle, elle est forcément plus saine, plus sûre ou meilleure. Mais cette idée ne résiste pas à la réalité.

Nous utilisons des médicaments synthétiques parce qu’ils fonctionnent mieux que ce que nous trouverions dans la nature. Nous conduisons des voitures pour parcourir des distances qui prendraient des jours à pied. Nous consommons des aliments cultivés avec des engrais et protégés par des pesticides, car ces innovations permettent de nourrir des milliards de personnes.

La vérité ? Presque rien dans votre vie n’est naturel — et c’est une bonne chose.


Parlons d’hypocrisie

Ceux qui affirment que « le naturel est meilleur » ne réalisent souvent pas à quel point cette affirmation est contradictoire. Décomposons cela :

  • Vous lisez ceci sur un appareil — smartphone, tablette ou ordinateur. Aucun n’est naturel. Ce sont des produits de l’ingéniosité humaine.

  • Vous portez probablement des vêtements fabriqués à partir de matériaux qui ne proviennent pas directement de la nature.

  • Vous vivez dans une maison, pas dans une grotte, faite de briques, de béton ou d’acier — rien de tout cela n’est « naturel ».

  • Vous mangez des aliments qui ne poussent pas à l’état sauvage. Presque tout ce que vous consommez a été sélectionné et souvent transformé.

Ainsi, lorsque certains affirment que « la nature sait mieux », ils ignorent que la vie moderne repose sur des améliorations humaines non naturelles. Et nous en dépendons chaque jour.

Imaginez une vie entièrement naturelle : pas d’internet, pas de voitures, pas d’eau courante. Moins séduisant, n’est-ce pas ?


Le côté sombre de la nature

La nature n’est pas toujours bienveillante. Elle ne veille pas sur nos intérêts. Certaines des choses les plus mortelles au monde sont totalement naturelles.

  • L’arsenic ? Naturel.

  • Le cyanure ? Présent dans la nature.

  • Les maladies mortelles ? 100 % naturelles.

Et la nourriture sauvage peut aussi être dangereuse. Depuis des millénaires, nous améliorons nos cultures pour les rendre plus sûres, plus savoureuses et plus nutritives.

  • Les bananes étaient autrefois pleines de graines et presque immangeables.

  • Le maïs provient d’une herbe dure appelée téosinte.

  • Les pommes étaient petites et amères avant la sélection variétale.

Pourquoi donc s’accrocher à l’idée que le naturel est meilleur ? La réalité est que la nature, à elle seule, est souvent insuffisante.


Pourquoi nous ne laissons pas faire la nature

Si la nature savait vraiment mieux faire, nous vivrions encore dans des grottes. Mais nous avons appris à ne pas tout lui laisser.

Le progrès consiste à prendre le contrôle pour rendre la vie plus facile, plus sûre et plus confortable.

  • La plomberie nous apporte de l’eau propre — la nature ne le garantit pas.

  • L’électricité éclaire nos maisons — sinon, seulement le feu ou l’obscurité.

  • Les vaccins nous protègent contre les maladies naturelles.

L’innovation humaine a prolongé et amélioré la vie.


Le sophisme en pratique

L’idée que « naturel = meilleur » a conduit à des tendances problématiques, notamment les produits « sans produits chimiques ».

Mais voici un fait : tout est chimie.

L’eau, l’air, votre corps — tout est composé de substances chimiques.

Et naturel ne signifie pas sans danger :

  • Le lierre vénéneux est naturel.

  • Le venin de serpent aussi.

À l’inverse, des substances synthétiques comme l’aspirine ont sauvé des millions de vies.

Conclusion : le naturel n’est pas toujours meilleur — souvent, c’est l’inverse.


Adopter l’innovation

Au lieu de croire que la nature sait mieux, il est temps de reconnaître que l’innovation humaine améliore nos vies.

La prochaine fois que vous entendez « le naturel est meilleur », regardez autour de vous : tout prouve le contraire.

Cet article a été rédigé par Simon Maechling, communicateur scientifique titulaire d’un doctorat en chimie organique. Maechling possède plus de 20 ans d’expérience dans la recherche et le développement en protection des cultures. L’article a été publié pour la première fois en anglais le 24 février 2026 sur Genetic Literacy Project.

Veuillez noter :

Cet article a été publié pour la première fois en langue anglaise. Notre équipe de rédaction, dont la langue maternelle n’est pas l’anglais, attache une grande importance à une communication claire et sans erreurs. Il peut toutefois arriver que nous devions privilégier la rapidité à la perfection et recourir à des outils encore en phase d’apprentissage.

Nous vous prions de nous excuser pour toute erreur de style ou d’orthographe qui aurait pu être constatée.

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